Sunday, March 29, 2009

Argentine (Français)

Argentine, suite et fin...
Du 5 au 23 avril 2009

Buenos Aires

Bonjour la France et la Hollande francophone, et autres parties du monde qui nous suivez, à vous que le printemps vient réchauffer après ces longs mois de gris...

Les retrouvailles avec Aurélie ont donc eû lieu à Buenos Aires, où nous avions décidé de louer un petit appart pas loin du centre. Ah quel bonheur de pouvoir enfin mettre ses habits dans un placard, et non plus avoir à enfouir sa tête jusqu´au fond du sac à dos pour trouver justement le T-shirt qu´il nous faut! Quelle joie de pouvoir cuisiner et non pas être obligé de manger dehors tout le temps (oui là je sais qu´avec cette remarque je ne vais pas me faire beaucoup d´amis!). Bref, nous étions tout simplement heureux d´avoir un petit chez-nous pour quelques temps.
Pour ceux qui ne connaissent pas Aurélie, nous nous sommes rencontrées à Amsterdam il y a quelques années, sommes devenues de grandes amies et avons fait plusieurs colocations ensemble, avant qu´elle ne décide de s´installer à Paris, il a de ça presque trois ans.
Ces trois semaines ensemble en Argentine lui ont donc permis de souffler du rythme trépidand de la vie parisienne et à Diederik et moi d´avoir un arbitre dans nos bagarres :-)

Buenos Aires, B.A. pour les intimes, est une ville énorme, bruyante et polluée, mais elle ressemble à une grande mégalopole européenne. Sommes-nous vraiment en Amérique du Sud nous demandons nous souvent, tant quelques endroits nous donnent l´impression de parcourir de ruelles parisiennes ou espagnoles. Je pense que pour quelqu´un qui s´intéresse un tant soit peu à l´architecture, Buenos Aires est un vrai terrain de jeu. De grandes tours glacées voisinnent avec de grosses maisons bourgeoises aux façades délicatement sculptées, et l´Obelisque donne un air de Washington DC.

Et les quartiers se suivent mais ne se ressemblent pas: ici Recoleta la bourgeoise et son cimetière où est enterrée Eva Perón, Palermo, ses grands arbres et ses boutiques chics, San Telmo et ses vielles maisons, terrases de cafés et spectacle de rue de tango, là La Boca et son quartier popu, sans oublier son stade légendaire du même nom où Maradona fit ses débuts, le Microcentro, le centre d´affaires et ses rues qui ne semblent jamais désemplir de monde, ou encore Puerto Madero où les tours d´appartements font une course vers le ciel, contrastant avec le grand parc blotti à ses pieds...

Il y en a vraiment pour tous les goûts. Comme nous avions une bonne semaine, nous avons pu tout visiter, et combler les envies de chacun.



Lune sur les toits, vue de notre chambre, et inspiration tango à La Boca


Marché artisanal de Palermo, la Boca et ses stars en papier mâché au balcon, de gauche à droite Carlos Gardel (roi de la chanson tango classique), Evita, et Diego


Cimetière de Recoleta, et vieilles façades à San Telmo


Comment se débarrasser de son copain sur les quais de Puerto Madero,
et l´Obelisco, monument historique national

Il nous tenait beaucoup à coeur d´aller voir un beau spectacle de Tango, ce que nous avons fait en nous rendant au fameux café Tortoni, un des plus vieux de Buenos Aires, et qui bien que très touristique, donne des spectacles de tango de qualité. Nous nous sommes régalés!!


Le fameux Café Tortoni et son couple de danseurs vedettes


Les pros et........ les amateurs.....



Allez santé, comme au bon vieux temps! Café Tortoni

Diederik nous rabattait autant les oreilles avec le foot que nous l´avions fait avec le tango, donc nous avons aussi été à la "cancha", le match de foot local. Nous avons retrouvé en cours de route Kelly et Damian, que nous avions rencontré au Chili, et nous sommes donc allés tous les 5 assiter à un match de Riverplate. Boca et Riverplate sont les deux clubs ennemis de B.A. et leur derby équivaut à un PSG-OM des grands jours, du genre chars d´assaut aux portes du stade, ambiance, ambiance.

Quartier de la Boca, et stade mythique des Boca Juniors

Nous, nous avons été bien sagement à Riverplate-Gymnasium, une équipe de la région, et effectivement, le spectacle est autant dans les tribunes que sur le terrain: chaque équipe a son orchestre et supporters hurlant à plein poumons des refrains pas très recommandables pour les chastes oreilles! Ca danse, ça crie, ça chambre...Un vrai spectacle a l´air libre.
Malheureusement nous n´avons pas pû immortaliser l´instant, car beaucoup nous avaient recommandé de ne pas amener l´appareil photo. En fait l´ambiance était plutôt relax là où nous étions, donc nous aurions pû le prendre.Tant pis, cela restera gravé dans nos rétines et nos oreilles!

Buenos Aires est aussi une ville chargée d´histoire, comme la Casa Rosada sur la Plaza de Mayo (ou maison du gouvernement), où de nombreux discours ont été prononcés depuis son balcon (dont celui d´Eva Perón).


Plaza 9 de Mayo avec Aurélie et Casa Rosada en fond, relève de la garde, Casa Rosada

Nous avons aussi testé le côté "glamour" en sortant en boite de nuit dans le quartier de Palermo un vendredi soir. Résultat: musique très commerciale au début, puis virement 100% latino avec cumbias et reggaeton et impressionante quantité de faux seins au mètre carré!!! Nous sommes tombés dans "Bimboland"! Cela ne nous a pas empêché de sauter partout et de bien nous amuser.

Nous avons aussi vu le côté pauvre de l´Argentine, ces familles à la rue dormant à même le sol, parfois triant les ordures pour gagner quelques sous - les Argentins ne pratiquent pas le tri sélectif. Il semblerait que le progrès aura toujours ses laissés-pour-compte...

Cordóba

Le 13 avril au soir nous sautons dans un bus de nuit, qui après 10 heures de route nous dépose à Cordoba, dans le centre du pays.
Tout le monde nous avait chanté les louanges de cette ville, mais nous avons été franchement déçus: grande ville très urbanisée, beaucoup de circulation, de monde, et de pollution...bref, après Buenos Aires, on n´en sort pas! Certes la place centrale et quelques autres églises et monuments hirtoriques valent le détour, mais nous exprimons tous les trois un grand bof.
L´impression d´ensemble ne nous impressione pas, justement....
Du coup nous avons fui dans les montagnes environnantes, qui elles valent le détour, et nous avons fait grimpette sur Los Gigantes, Les Géants, ainsi ce nom car de loin le sommet a l´air d´un géant allongé de profil. Une bonne grosse randonnée de 6 heures, incluant grimpette au sommet, hmmm...de quoi nous faire regretter nos bouffes gargantuesques des derniers jours!
On se marre bien avec Aurélie de nos contorsions inconfortables!
Au sommet le vent nous fait presque décoller, et la vue est imprennable...
En descendant nous aurons même le droit au survol majestueux d´un condor.


T´aime bien Cordoba? Mhh, j´sais pas, et toi??



Je gère, tu gères...



Nous gérons! El condor pasa...

Chutes d´Iguazu

Nous quittons Cordoba sans grands regrets, et attaquons un périple de bus de 23 heures en direction de Puerto Iguazu.
23 heures, oui, heureusement nos amis argentins ont un service de "restauration" à bord (un peu pompeux pour des sandwiches froids, maisbon c´est toujours mieux que rien!) et des sièges inclinables, ce qui rend la durée de voyage plus agrèable...Mais sur la fin Diederik était prêt à déraciner son fauteuil, donc il était temps que nous arrivions.
Les chutes d´Iguazu sont situées tout au nord du pays, à la frontière brésilienne.
D´où un contraste saisissant à lárrivée avec la nature sèche de Cordoba: la végétation est luxuriante et la terre ocre. les gens sont plus métissés, on sent la proximité du Brésil.
Nous logeons dans un petit hôtel basique, mais à la propriètaire charmante qui se met aux petits soins pour nous: petit déj, lessive...c´est comme une petit maman! Cela fait du bien de temps en temps!
Concernant les chutes d´eau: magnifiques. Elles sont situées dans le Parc National d´Iguazu et nous nous y sommes rendus deux jours de suite.
La plus impressionante des chutes d´eau, la Gorge du Diable, fait près de 72m de hauteur!
Imaginez le bruit du fracas de l´eau se jettant de si haut...Epoustouflant.
Nous avons amplement ratissé le parc et ses différents point de vue le premier jour, et le deuxième Aurélie et moi avons fait du bateau à touristes, c´est à dire un bateau sportif qui, pour les sensations fortes, amènent le touriste se faire sacrèment rincer directement sous les chutes d´eau (pas celle du Diable bien sûr, sinon je ne serais pas là pour en parler...).
Résultat des courses: un bon fou rire et une sensation étrange de se faire doucher à grande échelle!








Garganta del Diablo


Avant de prendre l´avion
J´avais dans l´idée en venant en Argentine, pays du cuir, de me faire faire un blouson en cuir sur mesure, un petit cadeau anticipé pour mes 30 ans.
J´en avais repéré un magnifique dans un magazine et avais découpé la photo que j´ai gardé avec moi pendant plus de 6 mois. Le prix un Europe des blousons en cuir est effrayant, je m´étais donc dit, pourquoi ne pas tenter le sur-mesure en Argentine?
Nous sommes tombés par hasard sur des artisans du cuir à Buenos Aires et Aurélie et moi leur avons commandé deux blousons.
La séance d´essayage a eû lieu un jour avant notre départ...ouf, heureusement, tout allait bien, et nous n´étions pas peu fières de nos blousons argentins!



Nous avons donc quitté l´Argentine en beauté.
Que de souvenirs sur cette terre immense, de la sécheresse aux glaciers, en passant par les villes surpeuplées...
Et l´humour argentin, imbattable quand on leur demande s´ils sentent l´effet de la crise économique mondiale dans leur pays. Ils se marrent et répondent: "Nous la crise, elle est permanente, alors une ce plus ou une de moins, on ne la sent pas passer..."

A bon entendeur, salut...

Petit message perso: merci Aurélie pour les bonnes rigolades et la "tête-somnifère", celle-là je ne l´oublierai pas!

La suite de nos aventures sous-peu...Restez connectés, le Brésil est notre dernière ligne droite (et pas la moindre!) avant le retour en Europe.

Nous avons quelques mythes brésiliens à vérifier ;-)

Bonne continuation à tous.
H&D

****************************************************************************************



Argentine

Bahia Blanca, 3 Avril 2009


Nous allons combler ce grand vide dans nos chapitres, pardonnez-nous ce retard, nous étions sur la route...

Arrivée en Argentine
Le voyage en bus du Chili pour l'Argentine fût un prélude à l'Argentine elle-même.
Nous avons traversé le genre de paysages qui, même si fatigué, t'empêche de dormir, si bien que tu restes littéralement scotché à la fenêtre jusqu'à en avoir des crampes...
Une route en lacets, longeant de magnifiques ravins, montagnes, paysages infinis, plaines où se croisent lamas et flamants roses...Nous avons traversé la Quebrada (ravin en français) de Humahuaca, d'impressionantes falaises sculptées par la nature, splendide et peuplée de populations indigènes, pays où l'on travaille dur mais sourit toujours.

L'arrivée à Salta, ville du Nord-ouest argentin, fût plutôt burlesque.
D'abord la pluie coulait à flot, puis impossible de retirer aux distributeurs, de plus le taxi (une vieille guimbarde brinqueballante) avait des ratés de moteur, et l'hôtel où nous arrivons enfin exténués n'a pas pris notre réservation et est complet...ambiance et chaussettes mouillées...Après une petite engeulade à la réception, nous sommes envoyés sous la pluie battante avec nos gros sacs à dos à une adresse dans le coin. Nous avons peur de ce que nous allons trouver, mais la chambre est charmante et la salle de bains nôtre!!!Cela fait du bien après des semaines de salle de bain partagée! Le proprio, Hector, est aussi guide, et connait l' Argentine comme sa poche. Il nous commande une pizza pendant que nous entamons la conversation avec deux Argentins de Buenos Aires, qui nous initient immédiatement à l'autre boisson nationale après l'incontournable maté, le Fernet-coca, que la jeunesse argentine adore boire avant de sortir.
Il s'agit d'un mélange d'un alcool fort, le Fernet-Branca, avec du coca...Le résultat est comment dire, intéressant, mais un peu écoeurant...Mieux vaut ne pas le dire néanmoins, comme il s'agit là d'une institution nationale!
Petit moment d'adaptation aussi niveau linguistique, car l'Argentin chochotte, et a ses propres mots: les clés, "las llaves" deviennent "las chiaves", "yo" devient "chyo", "alla" devient "acha"... Même si l'on m'avait prévenue, je réprime un sourire.
Pour la petite histoire, c'est pour cela que le "Ché" Guevara avait gagné ce petit surnom à Cuba, pour ceux qui l'ignorait encore. Ernesto avait donc gardé le chochottement de son pays natal...

Nous sommes restés à Salta presqu'une semaine, d'une part parce qu'il a plu pendant trois jours (ça, c'est toujours bon pour le blog, nous savons quoi faire les jours de pluie!), et de l'autre le temps de découvrir les environs et préparer la suite du voyage.
Et aussi parce que Salta est une ville agréable à vivre.
Salta la linda, Salta la belle, avec sa place centrale magnifique et ses maisons et édifices datant de l'époque coloniale.
Montez la volée de marches (euh, 1027 marches) sur la colline de San Bernardo, et la vue sous vos yeux vous enchante, car Salta est nichée entre les montagnes.


Vue de San Bernardo + rencontre surprise au sommet...


Salta, belle de nuit

Un peu plus loin dans la campagne, sur le Rio Jurnamento, nous faisons une sortie rafting très sympa, doublée d'un "survol en canopy" au dessus du fleuve...
En fait en terme de canopy, il s'agit de porter un baudrier et de traverser le vide entre deux points suspendu à un cable. Donc en gros, vous franchissez le vide accroché à un petit cable, sur lequel passe une petite roue qui fait un bruit d'enfer et à laquelle votre petit baudrier est accroché...
Tentant, non?
Moi qui ai peur de l'altitude, me retrouver suspendue au dessus du vide à près de 150 mètres "d'altitude" a été un grand moment...Surtout quand on sait qu'il y a quatre câbles à passer...
Ce fût une grande première!

Diederik ou le saut de l'ange en canopy, et moi prête à affronter les eaux tumultueuses du rio

Comme il nous est parfois arrivés quelquefois, il y a des jours où il nous faut choisir: choisir où l'on va et comment l'on y va.
Au début nous n'avions pas considéré poursuivre le voyage en voiture.
Nous savions que nous voulions aller en Patagonie, mais que faire dans un pays où les distances sont inimaginables? Bus, avions? Et voilà qu'arrive Hector, le proprio de l'hôtel, avec son idée folle de louer une voiture. Et comme nous aimons les idées folles, et que niveau budget/temps, cela devrait passer...
Nous voilà partis dans notre Volkswagen Gol (non le F n'est pas tombé, c'est juste un modèle inconnu en Europe, mais bien robuste), et nous n'avons pas idée de la route qui nous attend.
Nous ne savions pas encore que nous allions emprunter une des routes les plus myhtiques d'Amérique du Sud, l'équivalent de la route 66 aux Etats-Unis, la Ruta 40, partant du nord de l'Argentine pour finir dans les plaines de Patagonie...








Carnets de Route

Ruta 40
Vendredi 13 Mars, de Salta à Chilecito
Nous quittons la ville au petit matin, un vendredi 13 pourquoi pas, et sortons de la ville tant bien que mal. Les Argentins sont des sauvages au volant, très agressifs en ville.
Baptême du feu avec la voiture, nous rencontrons celui qui va devenir notre grand compagnon de voyage et notre pire ennemi: El Ripio, en français dans le texte: le gravier.
Nous ne pouvons pas rouler à plus de 40 km/h et découvrons le bruit angoissant des pierres cognant sous la voiture.
Nous passons des guets où nous faisons gicler l'eau à notre passage, on a l'impression de faire un Paris-Dakar.
Nous croisons nos premiers troupeaux de chevaux sauvages sur la route, touchants de liberté.
Nous passons la nuit à Chilecito, petite ville au milieu du désert, sortie de nulle part, mais soulagement après la conduite épuisante de plusieurs heures sur des chemins aux revêtements inexistant ou vétustes.
Nous dormons dans une chambre donnant sur la rue, à la salle de bains tombant en ruine et en compagnie de moustiques. Au matin nous croisons Seb, fou d'Isérois faisant l'Argentine à vélo.
Respect.

Samedi 14, de Chilecito à Mendoza
La route est de nouveau mauvaise mais les paysages sont magnifiques, passant par la Sierra de Velasco.
Terre rouge-ocre, végétation verte, cactus, contraste lumineux.

Et toujours du gravier...
Nous prenons l'incroyable et volubile Walter en stop, jeune artiste du coin, qui nous raconte la vie des gens du pays. Il nous emmène à son "bureau", l'Amphithéâtre, une incroyable voûte de pierre surnomée ainsi car son accoustique est merveilleuse et des chorales y viennent du monde entier.Walter y vend ses créations, bracelets, colliers...


L' amphithéâtre

Arrivée à Mendoza, nuit dans un de ces genres d'hôtel que j'exècre: clientèle jeune, américano-européenne parlant peu espagnol et ne cherchant pas à le parler, et ne répondant pas aux saluts. Le Lonely Planet aide certes, mais conduit aussi parfois à une "ghettoisation du routard".
Mendoza, quant à elle est charmante avec ses grandes avenues bordées d'arbres. Et son vin aussi bien sûr.

Dimanche 15, Lundi 16
Repos à Mendoza, promenades dans les environs.
Nous voulons visiter une "bodega" ou cave à vins locale, mais je ne me sens pas très bien en route et nous devons hélas rebrousser chemin.
Changement d'hôtel.


Dimanche à Mendoza, Plaza de Independencia

Mardi 17
De Mendoza à Chos Malal

Du gravier, encore du gravier.
Mais la route est belle, saisissante, poussièreuse, prenante.
Les gens que nous croisons, voitures, pickups, camions, nous saluent, il y a comme une connivence intime à être sur cette route.
Nous croisons notre prier "gaucho", cowboy argentin, menant son troupeau de vaches à travers un pont, la peau tannée et le regard lointain, qui nous salue d'un signe de tête.
Nous en prenons aussi un jeune en stop, pour l'amener au village voisin. Parle peu, réponses sèches et bourrues, bottes de cuir épaisses, on sent l'homme habitué au silence des longues plaines...
La Patagonie commence.
Nous dormons dans un mignon petit hôtel à Chos Malal, notre premier village en Patagonie, lui-aussi sorti de nulle part, au milieu des roches blanches.


Vue de la route, et gaucho guidant son troupeau


Vue sur le Mont Junin, déjà le Chili

Mercredi 18

De Chos-Malal à Bariloche
La route change.
La température aussi.
Nous passons doucement de la plaine aux montagnes.
Au loin nous voyons la cordillère séparant l'Argentine du Chili.
Au milieu de nulle part, un gaucho en béret basque nous fait signe de nous arrêter, juste pour nous demander l'heure qu'il est.

Et tout d'un coup apparait Bariloche, incroyable ville nichée au bord du lac Nahuel Huapi, entourée de montagnes. Il y a des chalets dans la ville, on peut manger de la fondue au fromage, mais nous n'y risquons pas et nous nous"contentons" des fabuleux steaks grillés argentins, "bife de chorizo" fondants dans la bouche et légers pour le porte-monnaie. Il y a un petit air de montagnes suisses par ici.
En arrivant nous prenons en stop un grand blond, qui s'avère se prénommer Jan et qui est hollandais aussi. Bonnes discussions avant que nos routes se séparent à nouveau.


Lac Nahuel Huapi, Bariloche

Jeudi 19, vendredi 20
Bariloche

Nous profitons de l'environnement splendide pour faire des promenades, dans le coin et dans le parc national de Nahuel Huapi.
Cela permet de dérouiller nos corps endoloris par des heures de voiture et la tension constante dûe à la route difficile (animaux traversant sans crier gare, gravier, mauvaise signalisation...)



Bleu et blanc, drapeau et ciel confondus...

Bariloche vue d'en haut, et mairie


Par ici mon grand et rando près du lac, Parc Nationa Nahuel Huapi

Samedi 21
De Bariloche à Perito Moreno Ciudad
Les masos que nous sommes reprennons la route, mais cette fois nous arrivons à la ville de Perito Moreno exténués, après 14 heures de conduite - nous nous relayons bien sûr.
Nous n'y croyions presque plus, nous avons roulé des heures sur le gravier sans voir une voiture.
Un vent froid balaie la plaine où les seuls signes de présence humaine sont les poteaux télégraphiques, et quelques haies. Parfois quelques guañacos (petits lamas) et nandus (petites autruches) passent.
Le ciel est comme écrasé au-dessus de nous, les nuages semblent si proches. Nous découvrons les fameux cieux de Patagonie, et son vent incéssant.Comme on se sent petits et vulnérables...



Cieux de Patagonie, route de et vers Perito Moreno

Dimanche 22
De Perito Moreno à Tres Lagos



Nous quittons Perito Moreno avec l’intention de nous rendre au but de notre expédition, la ville de El Calafate, porte d’entrée d’un des plus beaux glaciers du monde, le Perito Moreno (à ne pas confondre avec la ville).
Encore une fois, c’est sans compter sur le gravier, qui nous fait reconsidérer nos plans. De plus nous tombons en route sur un couple autrichien qui a crevé et qui a besoin d’aide, leur roue de secours étant elle-même à plat. Sur la route 40 il n’y a pas de dépanneur…Nous voilà donc repartis avec la dame à bord, et les deux roues de secours à faire réparer à la prochaine ville. Nous tombons sur un Argentin en 4x4 quelques minutes plus tard, qui prendra le relais en amenant la dame autrichienne et ses roues.
Evidemment, sur le gravier nous ne faisons pas le poids niveau vitesse avec un 4x4!
Epuisés, nous arrivons à la tombée de la nuit à Tres Lagos, petit village paumé, balayé par le vent, à la lumière étrange. Digne du film “Historias Minimas”.Nous trouvons une endroit sympa où dormir, et mangeons dans un petit bar à la porte battante, où quelques hommes du coin boivent une bière en regardant le foot. Impression étrange d’être au bout du monde, avec ce vent incéssant qui hurle sous les portes et fenêtres…


Route et Guañacos


Tres Lagos au crépuscule

Lundi 23

De Tres Lagos à El Calafate

Nous le savions, nous l’attendions: la route de Tres Lagos à El Calafate est bitumée, c’est la fête dans la voiture. Non pas que nous n’ayons pas eû de bitume jusqu’ici, mais plus de gravier qu’autre chose.

Là encore la route est magnifique, révèlant d’immenses lacs au détour d’un virage.
Comme dans du beurre. Nous arrivons à El Calafate, petite usine à touristes, bénéficiant de la proximité de LA star, le glacier Perito Moreno, situé à quelques 80 kms de l
à, dans le Parc Nacional de Los Glaciares.
Nous trouvons un petit hôtel pas cher et prenons notre mal en patience pour aller voir le glacier.

Mardi 24

Glacier Perito Moreno

Le grand moment tant attendu, celui pour lequel nous avons mangé presque 4000 kms kilomètres de gravier, bitume, poussière…..

Nous partons au petit matin, et redécouvrons cette sensation de froid intense, oubliée depuis quelques mois.
Nous sommes devant cette merveille de la nature à 8h30 du matin, afin d’éviter les cars de touristes.
Le Glacier Perito Moreno (5km de long pour 60 de hauteur) vous rend tout simplement pantois, la bouche ouverte et les yeux ronds, il n’y a pas de mots pour décrire ce que l’on ressent devant cette grandeur de glaces froide et majestueuse. Une Anglaise de notre hôtel nous dira le lendemain que le seul mot qui lui soit venu à l’esprit est « ridicule ». Ridicule parce que tu te sens bête de dire que c’est beau.
Ce glacier est le seul au monde qui avance, jusqu’à deux mètres par jour.
Il s’étend comme une coulée de lave blanche-bleutée au mileu des montagnes obscures et parfois couvertes de neige.Il craque dans le silence du matin, on entend presque comme des détonations, et chaque morceau de glace qui se détache et tombe à l’eau fait un bruit de tonnerre dans la vallée.
Nous restons quelques heures à contempler ce spectacle, le quittant
à reculons, comme on quitte un être cher.
Le reste de la journée aura l’air bien fade…




Mercredi 25

El Calafate – Cerro de los Cristales

Nous profitons que le soleil soit au plus haut pour nous lancer dans une randonnée qui nous permet d’avoir une vue plus lointaine mais tout aussi splendide du Perito Moreno. La météo aura raison de nous et les premières gouttes nous forcent à redescendre. Heureusement nous n’étions pas très haut.


Jeudi 26

El Calafate à Caleta Olivia

Nous commencons notre ascencion vers le nord, sur la côte atlantique, car nous devons relier Bahia Blanca le 1er avril pour rendre la voiture.

Nous faisons nos adieux à la route 40 pour prendre la route 3, beaucoup moins spectaculaire.
Cela nous fait un petit pincement au cœur de voir la route bifurquer et ne pas pouvoir l’emprunter. Ushuaia sera hélas pour une autre fois.
De nouveau une journée de route et avec beaucoup de camions, pour finir dans une ville portuaire sans charme, Caleta Olivia.

Vendredi 27

Caleta Olivia à Puerto Madryn

La route est longue, plate, ennuyeuse, pleine de camions, mais bitumée.

On ne peut pas tout avoir.
On nous avait beaucoup parlé de Puerto Madryn, ville de la côte atlantique, dont la péninsule (Peninsula Valdés) est reputée pour sa faure marine.
Nous arrivons à Puerto Madryn dans une tempête de sable, et ce que nous voyons de la ville ne casse pas des briques.

Samedi 28

Puerto Madryn – Peninsula Valdés

La tempête s’est arrêtée mais le vent non.

Nous nous rendons à la fameuse péninsule, avec l’espoir inavoué de voir des orques, qui à cette époque chassent les phoques qui s’ébattent en quantité sur les rivages. Leur technique de chasse très particulière a fait le tour du monde grâce au National Geographic : elles attaquent très près de la plage et se servent des vagues pour repartir au large.
La péninsule est très réputée en fin d’année, où elle est envahie de baleines venant donner naissance à leurs petits.
A l’époque où nous sommes, les orques sont le grand spectacle.
Pas de chance pour nous, nous n’en verrons pas, trop de vent nous dit-on, alors que les dames tueuses ont été vues la veille…

Bref, nous allons d’un point à l’autre de la péninsule, et voyons phoques, éléphants de mer (de très loin), quelques pingouins et des guañacos (que nous avons déjà vu en masse sur la route). La route est longue, nous roulons presque 300 kms en une après-midi pour voir peu de faune finalement.

Nous ne gardons pas de la péninsule un souvenir impérissable, contrairement aux louanges qui nous en ont été faites.
Au retour nous buvons un maté à Puerto Piramides, petite ville de la péninsule, endormie hors de la saison des baleines…


Les stars du coin, Peninsula Valdes

Dimanche 29

Promenade sur la plage à Puerto Madryn, repos.
Cette ville restera un gros « bof » pour nous.

Diederik an adoration devant la plage de Puerto Madryn, et heure du maté à Puerto Piramides

Lundi 30 au 2 avril
Puerto Madryn à Bahia Blanca

Nous reprenons la route pour Bahia Blanca, que nous faisons en 8 heures (ha, du gâteau !) et retrouvons Claudia, qui y habite depuis quelques mois avec son ami Maxi. Claudia est Colombienne, une des meilleures copines de Diederik et a vécu presque’une dizaine d’années à Amsterdam, qu’elle a quitté il y a deux ans.

Guitare, maté, empenadas (sortes de beignets fourrés), musique, danse (Claudia est prof de ballet et nous nous sommes rendus à un de ses cours), balades et rigolades, cela fait du bien de poser un peu les sacs et d’être dans un milieu 100% hispanophone et argentin. Et cela fait du bien de ne pas être à l’hôtel !


Bahia Blanca avec Claudia et Maxi

Nous avons rendu la voiture à Hector, venu de Salta pour la récupérer, ce qui fût aussi l’occasion de déjeuner ensemble.

Adieu la Goooooool comme dit Diederik en imitant les commentateurs de foot argentin.
Sans trop de regrets, car la route était devenue beaucoup moins agréable et vu le comportement dangereux des Argentins au volant en ville, l’idée d’avoir la voiture à Buenos Aires se rapprochait intensèment du degré zéro.

Mais nous sommes fiers de nous et de cette petite voiture normale qui a bien tenu le choc des guets, graviers, bitumes défoncés, nids de poule, et autres surprises surgissant sous les roues sans crier gare. Même pas une crevaison, la hantise de tout conducteur sur la route 40, où quelquefois on compte les heures avant de voir une autre voiture.

A nous donc le bus de nuit après-demain, pour rejoindre Buenos-Aires, où nous allons retrouver ma copine à moi, Aurélie qui arrive de Paris pour passer 3 semaines avec nous.

La Route des Soleils et des amis continue !Merci à ceux qui nous suivent et à vos petits commentaires toujours motivants.

6 comments:

Paquito said...

Ou presque :-))

Malheureusement il y a pas de contenu sur le post (j'ai vu la version en Hollandais mais je ne suis pas capable de la comprendre :-((((().

En tout cas, j'espère que vous serez bien en train de vous bien amuser et je souhaite de vous voir tôt ici à Amsterdam pour nous raconter avec vos voix toutes les histoires incroyables de la "Route des Soleils" :-))

Paquito.

Anonymous said...

Où sont les gauchos???? et tout cas ,pas sur la version française;Bises.

Anonymous said...

L'escapade argentine défonce de A à Z.

Le glacier, là, on dirait une meringue.

Et la Patagonie sans personne à l'horizon ressemble très fort au paradis.

Bises,


El Magnifico.

Anonymous said...

Coucou a tous les deux!!
bon voila presqu' un mois sans de nouvelles aventures...!! c' est pour nous faire baver encore plus??
Super cette decision de prendre la voiture pour descendre l' Argentine. Ca me donne un apercu de ce que je n' ai pas vu!! et maintenant? le BResil?

Ici il fait relativement beau pour un printemps hollandais ce qui est tres agreable et dans une semaine je pars en vacances.. youpee!!
j attends de vos nouvelles!!

Nath

Anonymous said...

Salut vous deux!

Trop belles vos histoires et vos photos. Ca donne envie! En effet le beau temps commence aussi aux Pays-Bas et on se prepare pour Koninginnedag!
Profitez bien au Bresil!

Bisous Eefje

Anonymous said...

Very intereresting reading. thx

paxil